Dans la plaine, les deux immenses armées se faisaient face, d'un côté, les barbares du nord, torses nus sous la pluie battante, ils affichaient tous la même expression d'excitation, chacun d'eux rêvaient déjà de massacrer les ennemis d'en face. Leurs armes étaient un composé de toutes les armes existantes, gourdin, lance, épée à une ou à deux mains, sabre courbe, bâton de métal, certains se battaient même avec des piques de fer incrustés entre chaque doigt, on les appelaient les Bersekers. Dans toute cette armée, on ne distinguait que des hommes fiers, robustes et prêt à en découdre, pas de cheval, d'archer ou de sorcier, seul le combat au corps à corps comptait pour eux.
De l'autre côté se tenait l'armée du Marais. Une grosse partie était composée de gobelins, petit, teigneux et excessivement rapide, il tenait pratiquement tous aux mains deux dagues légères qui leurs permettaient de gagner encore plus en précision. Dans l'autre partie de l'armée, il y avait les Trolls, les plus petits atteignaient facilement les 5 mètres et les plus grands pouvaient frôler les 10 mètres de haut. Ils portaient tous une énorme chaine à la main gauche, avec laquelle ils fauchaient les adversaires et dans la main droite, ils tenaient une énorme masse hérissé de piques. Une bête monstrueuse se détachait de l'armée, un énorme éléphant prenait place au centre, des motifs tribales dansaient sur sa peau grise et ridée, sur son dos, une grande nacelle avait été placée, plusieurs archers y étaient positionnés, et, à la base du cou, juste devant la nacelle, sur un petit siège, le grand chaman gobelin préparait ses sorts.
Le cliquetis des armes fut un instant troublé par le grondement du tonnerre, les rapaces pullulaient déjà dans le ciel, prêt à fondre sur le monceau de cadavres qui pourrirait là quand tout serait terminé.
Tous n'attendaient plus qu'un signe.
Des rangs des barbares sortit un homme, il tenait à la main une longue épée, il tendit son bras et pointa sa lame en direction du chaman, puis il cracha sur le sol. Une promesse. Le chaman était pour lui.
Il n'en fallut pas plus aux barbares pour s'élancer derrière leur héros. Les trolls s'engagèrent en premier dans l'espace qui les séparaient des ennemis, tandis que les gobelins prenaient place derrière eux. Le chaman laissa quelques troupes le dépasser puis il ordonna par télépathie à l'éléphant d'enfoncer les lignes adverses.
Le choc fut terrible. L'armée des Marais prit rapidement l'avantage grâce aux trolls qui balayaient les barbares d'un coup de masse. Les hommes des neiges ne s'arrêtaient pas pour autant, ils fonçaient, tailladaient les énormes pieds des trolls, ils coupaient les gobelins en deux, leurs fracassaient le crâne, les décapitaient en hurlant. Bref, ils s'amusaient bien.
Notre héros, lui, s'occupait d'un gobelin hargneux qu'il tua d'un coup d'épée dans le ventre. Il regarda un instant autour de lui pour apercevoir, devant lui, l'éléphant, qui du haut de ses vingt mètres, écrasait les légions barbares. A côté du gigantesque animal, un troll à l'épaisse armure s'affairait à détruire une petite escouade de Berserkers qui tentaient vainement de le faire tomber à terre.
Le barbare prit la direction du troll en taillant dans toute les peaux vertes qu'il rencontrait, sans se soucier de savoir si ses victimes étaient mortes ou vivantes.
Arrivé près du troll, il sauta sur le pied du monstre sans que celui-ci ce s'en rende compte, trop occupé à essayer d'écraser les autres barbares qui affluaient près de lui. Il escalada sans difficulté l'immense jambe du troll, les piques qui y étaient accrochés l'aidant beaucoup dans son entreprise, puis il remonta jusqu'à la base du cou.
Il se hissa sur l'épaule gauche du monstre, il pris son élan puis sauta sur la grosse corde qui maintenait la nacelle sur l'éléphant. Il retira une petite dague puis il coupa la corde d'un coup sec. La nacelle fut tirée de l'autre côté et s'écrasa dans un groupe de gobelins, la traction permit au barbare de se retrouver sur le dos de l'éléphant. Le chaman lui, préparait une boule de feu, il n'avait donc rien entendu du désastre qui venait de se produire derrière lui, et surtout, il n'avait pas senti que la mort s'était invitée sur le dos de sa monture.
Le barbare hurla, et d'un mouvement vif, il décapita le chaman, sa tête allant s'embraser dans la boule de feu qui s'éteignait, faute de pouvoir.
La victoire était sienne.
Il n'avait plus qu'à tuer l'éléphant, et les gobelins comprendraient qu'il ne fallait pas importuner les barbares du nord.
Il leva sa lame puis l'enfonça dans le cou....
[...]
Le réveil s'écrase sous le poing de Pataud, qui un instant plus tôt, se croyait barbare de naissance.
[Musiques écoutées]
-Le bruit chiant des onglets sur msn.